Froid intense : un stress pour le cœur !

Alors que la France grelotte sous l’effet d’une vague de froid intense, les conséquences ne se limitent pas au ressenti hivernal : le cœur est directement concerné. Les basses températures entraînent des modifications physiologiques qui augmentent la pression artérielle, sollicitent davantage le muscle cardiaque et favorisent les complications cardiovasculaires.

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Avec les vagues de froid, le risque de complications cardiovasculaires augmente notablement. Plusieurs études scientifiques montrent que chaque degré de température en moins est associé à une hausse des décès et des maladies cardiovasculaires. Une méta-analyse a révélé qu’une baisse de 1 °C augmente la mortalité liée aux maladies cardiaques d’environ 1,6 % et la morbidité d’environ 1,2 %. En période de froid extrême, le risque de décès cardiovasculaires peut augmenter de plus de 30 %.

Comment le froid agit sur le cœur

  • Vasoconstriction : l’air froid rétrécit les vaisseaux sanguins pour conserver la chaleur, ce qui augmente la pression artérielle et fait travailler le cœur plus fort. 

  • Sang plus épais : la baisse de température accroît la viscosité du sang, favorise la coagulation et peut déclencher une thrombose ou un infarctus.

  • Augmentation des risques d’infarctus quelques jours après un froid : certaines données suggèrent que l’exposition à des températures basses est associée à une hausse des hospitalisations pour infarctus 2 à 6 jours plus tard. 

Conséquence : les accidents cardiaques, arrêts cardiaques et AVC sont plus fréquents en hiver que pendant les mois chauds. 

Personnes à risque en cas d’épisode de grand froid

Personnes vulnérables physiologiquement

  • Personnes âgées : thermorégulation altérée, mobilité réduite, isolement social ;
  • Nourrissons et jeunes enfants : forte surface corporelle par rapport au poids, incapacité à se protéger seuls ;
  • Personnes atteintes de maladies chroniques : insuffisance cardiaque, respiratoire, diabète, troubles neurologiques…
  • Personnes handicapées : difficultés à réguler la température ou à adapter leur environnement.

Personnes exposées professionnellement ou socialement

  • Personnes sans domicile fixe ou vivant dans des logements mal isolés ;
  • Travailleurs en extérieur (BTP, agriculture, logistique, sécurité, transport, etc.) ;
  • Sportifs pratiquant en plein air.

L’altitude : oxygène raréfié et charge cardiovasculaire

Lorsqu’on s’élève en altitude, l’air devient plus rare en oxygène (hypoxie), ce qui oblige le cœur à augmenter son activité pour compenser.

Effets physiologiques

  • Hypoxie aiguë : au début d’une montée, le cœur bat plus vite et le débit cardiaque augmente pour maintenir l’oxygénation des tissus.

  • Pression artérielle et pouls augmentés : la réaction à l’hypoxie entraine souvent une hausse de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque. 

  • Déclin de la capacité cardiorespiratoire à long terme : une exposition prolongée à très haute altitude peut réduire la performance cardiaque et respiratoire, même chez des sujets en bonne santé. 

Pour la majorité des personnes en bonne santé, des altitudes modérées ne présentent pas de risque sévère immédiat, mais il est conseillé de monter progressivement et de s’acclimater.


Conseils de la Fondation Recherche Cardio-Vasculaire pour protéger son cœur

Face à ces défis saisonniers et environnementaux, voici des recommandations pratiques et bienveillantes :

Lors des vagues de froid

✔️ Rester au chaud : habillez-vous en couches, couvrez le cou, la tête et les extrémités — zones par lesquelles la chaleur se perd le plus.
✔️ Limiter les efforts physiques intenses à l’extérieur, notamment chez les personnes à risque (hypertendues, diabétiques, antécédents cardiovasculaires).
✔️ Éviter de pelleter la neige ou faire des efforts brusques sans échauffement, car cela augmente la pression sanguine et la charge cardiaque.
✔️ Surveiller les symptômes d’alerte : douleurs thoraciques, essoufflement inhabituel, fatigue excessive — et consulter sans tarder si cela survient.
✔️ Maintenir une bonne hydratation et nutrition : en hiver, la sensation de soif diminue, mais le corps a toujours besoin d’eau pour fluidifier le sang.

Avant un séjour en haute altitude

✔️ Monter progressivement pour permettre l’acclimatation.
✔️ Évaluer son état de santé cardiovasculaire, surtout si on a des antécédents de maladies cardiaques.
✔️ Considérer une évaluation médicale avant le voyage si vous avez un facteur de risque ou êtes âgé.
✔️ Éviter les ascensions rapides sans préparation, car l’hypoxie peut provoquer une surcharge cardiaque rapide.


En résumé

Alors que la France traverse des périodes de grand froid, le cœur doit faire face à une double contrainte : l’impact direct des températures basses sur le système cardiovasculaire et les effets de l’altitude lorsqu’on se déplace en montagne ou lors de sports d’hiver. Les données scientifiques montrent clairement que ces facteurs peuvent augmenter les risques de complications cardiaques si l’on n’agit pas avec prudence et préparation adéquate.

Si vous ressentez des symptômes inhabituels ou avez des questions spécifiques liées à votre santé, n’hésitez pas à consulter un professionnel de santé qui pourra adapter les conseils à votre situation personnelle.

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Sources : 

  • https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37051068/
  • www.acc.org/About-ACC/Press-Releases/2024/09/02/10/31/Cold-Weather-Exposure?
  • www.ifm.org/articles/extreme-weather-heart-health?
  • www.inspq.qc.ca/sante-voyage/guide/risques/altitude-acclimatation/recommandations?
  • www.acc.org/latest-in-cardiology/ten-points-to-remember/2018/01/19/10/10/clinical-recommendations-for-high-altitude-exposure-of-individuals?
  • www.nature.com/articles/s41598-025-07474-9?
  • https://sante.gouv.fr/sante-et-environnement/risques-climatiques/article/grand-froid-professionnels-de-sante?