Recherche sur
Valvulopathies - TAVI
Le Prix Danièle Hermann 2025 d’un montant de
30 000 euros a été attribué à la Professeure Hélène Eltchaninoff cardiologue interventionnelle de premier plan pour l’ensemble de ses travaux de recherche sur les valvulopathies et pour l’essor du TAVI, technique révolutionnaire permettant de remplacer une valve aortique sans chirurgie à cœur ouvert.
La Professeure Hélène Eltchaninoff est Médecin-Cardiologue. Elle dirige depuis 2010 le service de cardiologie du CHU de Rouen, tout en œuvrant comme cardiologue interventionnelle auprès des patients. En 2025, elle devient directrice médicale de l’Institut Alain Cribier et est élue Présidente de la Société Française de Cardiologie.
Quelles sont ses recherches ?
À travers ses nombreux travaux scientifiques et ses responsabilités nationales, elle a contribué à faire rayonner la recherche française dans le domaine des valvulopathies.
La parole à la Professeure Hélène Eltchaninoff
Vous avez pris part à la première implantation percutanée d’une valve aortique (TAVI) au monde. Que retenez-vous de cette aventure ?
La première implantation d’une valve aortique par voie percutanée à Rouen a eu lieu un mardi matin le 16 avril 2002 chez un patient de 57 ans inopérable, intervention qui marquera une rupture dans l’histoire de la cardiologie interventionnelle moderne (Cribier A, Eltchaninoff H, et al. Circulation, 2002, citations > 1800). Nous étions 3 opérateurs (Alain Cribier, Christophe Tron et moi-même) pour cette procédure réalisée sous anesthésie locale chez un patient extrêmement fragile. J’avais une confiance totale ce matin-là et la concentration était immense.
J’avais en tant que 2ème opérateur, Alain Cribier étant le premier opérateur, la grande responsabilité de délivrer la valve en gonflant le ballonnet au moment précis où la position était décidée. Une fois la valve déployée au bon endroit, voir la pression artérielle du patient se normaliser, puis se maintenir au-delà de 10 secondes m’a fait réaliser que nous avions réussi. Le cœur du patient fonctionnait avec sa nouvelle valve. Cette technique allait transformer la prise en charge des patients. Ce fut un grand moment d’émotion pour nous tous.
Vous êtes la lauréate 2025 du Prix Danièle Hermann, pouvez-vous nous dire quelques mots suite à cette annonce ?

J’ai été extrêmement heureuse de recevoir ce prix témoignant de la reconnaissance de mon travail par une institution prestigieuse et des scientifiques de renom. Poursuivre des travaux de recherche dans la thématique initiée par Alain Cribier et en être récompensée est un grand honneur.
Vous venez d’être élue Présidente de la Société Française de Cardiologie. Quelles seront vos priorités ?
Les grands axes prioritaires seront de fédérer la communauté cardiologique dans les actions de développement de la recherche tout en améliorant la formation et les connaissances des professionnels, de poursuivre les travaux engagés autour d’un plan Cœur de prévention des maladies cardio-vasculaires avec nos partenaires, de s’ouvrir à la cardiologie au-delà de nos frontières tout en affrontant les enjeux de demain.
Selon vous, à quoi ressemblera la cardiologie interventionnelle dans dix ou vingt ans ?
La cardiologie interventionnelle suit une évolution rapide et croissante. Initialement limitée aux coronaires avec les stents, elle s’est étendue au rétrécissement aortique avec le TAVI au début des années 2000 faisant naitre une nouvelle spécialité de la cardiologie interventionnelle, qu’est la prise en charge des cardiopathies structurelles (valves et cloison du cœur) par cathétérisme. Au vu du succès du TAVI, l’intérêt s’est porté également sur les autres valves, la valve mitrale d’abord et dorénavant également la valve tricuspide permettant des soigner des patients souffrant d’insuffisance cardiaque résistant aux traitements médicamenteux. Ce champ va continuer à se développer avec l’aide de nouveaux dispositifs plus adaptés, d’une meilleure connaissance grâce à la recherche des maladies valvulaires permettant une meilleure sélection des patients, de l’apport croissant de l’imagerie cardiaque.
Crédit photo : Michel Monsay
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